En vigueur depuis le 1er janvier 2002, le congé paternité
bénéficie à tous les pères salariés
(mais aussi aux employeurs, aux fonctionnaires, aux salariés
ou non-salariés agricoles, aux travailleurs indépendants
et aux chômeurs).
Dans ce dernier cas, les pères peuvent prendre un congé
de paternité, qui court du 1er janvier 2002 au 4ème
mois suivant la date présumée de la naissance. Ces
pères doivent toutefois prouver la date présumée
de la naissance, établie au moment de la déclaration
de grossesse par l'organisme de sécurité sociale dont
relève la mère.
La situation de famille du père (mariage, concubinage, PACS,
etc.) n'est pas prise en compte.
Quelle est la durée du congé ?
La durée du congé est de 11 jours pour une naissance
unique et de 18 jours pour une naissance multiple (jumeaux, triplés...).
Attention, ces 11 jours sont des jours calendaires, ce qui signifie
que tous les jours sont comptabilisés tous les jours du calendrier
y compris les samedis, dimanches et jours fériés.
La durée du congé de paternité s'ajoute aux
trois jours déjà accordés au pères salariés
en cas de naissance (C. trav., art. L. 226-1). Ainsi les pères
salariés peuvent bénéficier d’un congé
total de 14 ou de 21 jours selon le cas (11 jours + 3 jours ou encore
18 jours + 3 jours).
A noter : L'adoption d'un enfant ouvre droit au congé de
paternité, à la condition que les deux parents partagent
le congé d'adoption en deux périodes, éventuellement
simultanées, dont la plus courte ne peut inférieure
à 11 jours consécutifs. Dans ce cas, le congé
de paternité allonge le congé d'adoption de 11 jours
en cas d'adoption simple et de 18 jours en cas d'adoptions multiples.
A quel moment prendre le congé ?
En principe, le congé de paternité doit être
pris :
- soit à la naissance;
- soit dans un délai de quatre mois après la naissance
de l'enfant.
Toutefois, dans certaines situations, le congé de paternité
peut être reporté au-delà du 4ème mois
:
- si l'enfant né est hospitalisé : le report du
congé est possible jusqu'à la fin du 4ème
mois qui suit la fin de l'hospitalisation.
- si la mère décède suite à l'accouchement
: le report du congé est possible jusqu'à la fin
du 4ème qui suit la fin du congé de 10,18 ou 22
semaines accordés au père à la naissance
de l'enfant en cas de décès de la mère (C.
trav., art. L. 226-1-1).
Le congé paternité ne doit pas obligatoirement être
pris à la suite du congé légal de 3 jours.
Toutefois, le congé paternité de 11 jours (ou 18 jours)
ne peut pas être fractionné.
Quelles formalités effectuées pour bénéficier
du congé ?
Le salarié doit envoyer à son employeur, au moins
un mois avant la date de début de son congé, une lettre
recommandée avec accusé de réception pour l'informer
qu'il souhaite bénéficier du congé de paternité.
Cette lettre doit préciser les dates exactes auxquelles il
entend prendre son congé.
L'employeur ne peut ni interdire au salarié de prendre son
congé, ni même reporter les dates choisies par le salarié.
Toutefois, si la date réelle de l'accouchement est différente
de la date estimée par le salarié, le congé
paternité ne peut être reportée qu'avec l'accord
de l'employeur.
L'employeur doit établir une attestation de salaire qui sera
transmise à la Caisse primaire.
Par ailleurs, le salarié doit justifier de la filiation de
son enfant en adressant à sa CPAM une photocopie :
- soit de l'acte de naissance de l'enfant ;
- soit du livret de famille actualisé ;
- soit de l'acte de reconnaissance de l'enfant.
Cette photocopie justificative peut également être
adressée à la CPAM par l'employeur lui-même
en même temps que l'attestation de salaire
Quel est le montant de l'indemnisation ?
Pour bénéficier d'une indemnisation durant son congé
de paternité, le père doit cesser son activité
professionnelle. Par ailleurs, si le père est salarié
en activité, il doit justifier de dix mois d'immatriculation
minimum. Il doit également avoir travaillé au moins
200 heures dans les trois derniers mois ou avoir cotisé (cotisations
maladie, maternité, invalidité, décès)
sur un salaire au moins égal à 1015 fois le SMIC horaire
(soit 1015 x 6,67 € = 6770,05 €) au cours des six mois
précédant la date du début du congé
paternité;
Le montant de l'indemnité journalière est identique
à celle versée à la mère en congé
de maternité. L'indemnité journalière est donc
égale à 1/90 du salaire brut des trois derniers mois
précédent le congé de paternité. Les
salaires pris en compte sont les salaires soumis à cotisations,
dans la limite du plafond de Sécurité sociale (soit
2 352 € pour 2002) auxquels sont déduites les cotisations
salariales légales et conventionnelles obligatoires ainsi
que la CSG.
Le montant maximal de l'indemnité journalière est
égal, après déduction de la CSG et de la CRDS,
à 62,88 € (ou 61,47 € par jour en Alsace-Moselle).
L'employeur n'est pas obligé de verser une indemnisation
complémentaire (pour les salariés dont la rémunération
dépasse le plafond de Sécurité sociale). Toutefois,
la loi prévoit que des négociations d'entreprise ou
des négociations de branches peuvent s'engager pour prévoir
le versement d'un complément de rémunération
permettant le maintien intégral du salaire.
Attention : L'indemnité journalière de paternité
n'est pas cumulable avec les indemnités accordées
en cas de congés maladie et accidents du travail, les indemnités
versées par l'assurance chômage ou le régime
de solidarité (allocation spécifique de solidarité
ou allocation spécifique d'attente), l'allocation parentale
d'éducation ou l'allocation de présence parentale.
Références juridiques : Article L. 122-25-4 du Code
du travail