Femme d'artisan : un métier à part entière


Près de 70 % des femmes d'artisans s'occupent de l'entreprise de leur mari. Venues des horizons les plus divers, elles n'ont bien souvent pas de formation spécifique pour occuper cette fonction stratégique. Aujourd'hui, le conjoint joue, plus que jamais, un rôle essentiel dans la vie de l'entreprise artisanale. Assurer les relations clients, les relations fournisseurs, la facturation, le secrétariat, les tâches sont nombreuses !

Quelque soit le statut choisi par le conjoint le suivi de l'entreprise met en oeuvre de nombreuses compétences.

 

 

LE STATUT DES CONJOINTS

 

Pendant des années la situation des conjoints travaillant dans l'entreprise a été complètement ignorée et leur travail dans l'entreprise non reconnu était assimilé à une entraide conjugale, sans rémunération, sans droit dans l'entreprise, sans couverture sociale digne de ce nom. Grâce à la détermination des femmes d'artisans, des lois ont été adoptées pour améliorer la situation des conjoints.

 

La loi du 10 juillet 1982 fait date car elle offre enfin aux conjoints travaillant dans l'entreprise la possibilité de choisir entre trois statuts offrant des droit sociaux et juridiques :

 

  • Conjoint collaborateur
  • Conjoint salarié
  • Conjoint associé

 

L'option pour l'un ou l'autre des statuts est primordiale pour protéger ses biens propres, à condition de rester dans le cadre d'un statut.

Mais aujourd'hui encore, beaucoup d'entre elles exercent cette activité sans statut et se privent ainsi des droits sociaux correspondant à leur travail.


Le statut de conjoint collaborateur
Ce statut concerne exclusivement les conjoints d'exploitants individuels, quel que soit le régime matrimonial.

  • Pour opter pour ce statut, le conjoint doit :
  • Participer effectivement et habituellement à l'activité de l'entreprise;
  • Ne pas percevoir de rémunération pour cette activité.
  • Etre mentionné sur le registre consulaire où est inscrit le chef d'entreprise registre des métiers ou registre du commerce et des sociétés.
  • L'entreprise doit être sous forme individuelle.
  • Le conjoint peut poursuivre une activité salariée à l'extérieur de l'entreprise à condition qu'elle ne dépasse pas la moitié de la durée légale du travail.

 

Pour autant, ces actes doivent être exercés avec la plus grande diligence. Ils ne doivent pas être source d'engagements excessifs eu égard aux possibilités économiques de l'entreprise.

 

 

Assurance maternité
Le conjoint collaborateur est ayant droit de l'artisan c'est à dire qu'il bénéficie des prestations en nature du régime maladie de l'artisan sans cotisation supplémentaire.

 

  • Concernant le régime maternité, il bénéficie de prestations en espèce :
  • Une allocation forfaitaire de repos maternel destinée à compenser partiel--lement la diminution de l'activité.
  • D'une indemnité complémentaire proportionnelle à la durée et au coût de ce remplacement lorsqu'ils font appel à du personnel salarié pour se faire remplacer dans les travaux professionnels ou ménagers.


Assurance vieillesse invalidité décès du conjoint collaborateur
Le conjoint peut cotiser à titre volontaire au régime vieillesse des artisans afin de se constituer une retraite personnelle. Cette retraite personnelle ne sera pas remis en cause en cas de décès ou de divorce.

Plusieurs choix d'assiettes de cotisation sont proposés au conjoint collaborateur.

Les cotisations volontaires versées par le conjoint collaborateur sont déductibles dans le cadre de la loi MADELIN.

L'adhésion à l'assurance volontaire implique également pour les artisans l'adhésion au régime d'assurance vieillesse complémentaire et l'assurance invalidité décès.

  • Le régime d'assurance invalidité décès garantit :
  • L'attribution d'une pension pour invalidité totale et définitive ;
  • L'attribution d'une pension pour incapacité au métier ;
  • L'attribution d'une majoration de la pension ;
  • L'attribution des prestations en cas de décès de l'assuré bénéficiaire.

 

L'attribution des pensions est soumise à un certain nombre de conditions d'ordre administratif et médical.


Le statut de conjoint salarié

  • Pour ce statut , le conjoint est soumis au même titre qu'un salarié aux règles du droit du travail.
  • Participer à l'activité de l'entreprise de manière habituelle, effective et professionnelle, même s'il s'agit d'un temps partiel.
    Etre rémunéré pour cette activité.
  • Avoir un lien de subordination juridique avec son employeur c'est à dire l'époux d'artisan.

 

Il est essentiel que le conjoint salarié se comporte comme tout autre salarié de l'entreprise. Pour cela , les activités du conjoint salarié dans l'entreprise doivent se cantonner aux missions normalement prévues pour sa catégorie. Le conjoint salarié est affilié et cotise à titre obligatoire au régime général de sécurité sociale. A ce titre, il bénéficie des mêmes droits qu'un salarié ordinaire.


La déduction du salaire du conjoint salarié marié sous le régime de la communauté ou de participation aux acquêts est admise dans la limite de :
- 2.600€ lorsque l'entreprise n'adhère pas à un centre de gestion agréé ;
- 36 fois le montant mensuel du SMIC si l'entreprise adhère à un centre de gestion agréé.

 

 

Assurance chômage
En théorie, le conjoint salarié licencié peut bénéficier des allocation chômage comme tout salarié.

Cependant, certaines ASSEDIC refusent le versement des prestations chômage au motif qu'elles ne reconnaissent pas le degré de subordination, même s'il y a eu pour hypothèse versement de cotisations.

Avant de verser toute cotisation, il est nécessaire de répondre au questionnaire adressé à l'entreprise pour permettre de mesurer le niveau d'implication du conjoint salarié dans l'entreprise.

Il est indispensable de se faire assister par la CAPEB départementale pour remplir ce questionnaire au mieux des intérêts du conjoint.


Le statut du conjoint associé

Chaque conjoint prend la qualité d'associé selon ses apports ; trois types d'apports sont possibles :

  • Des apports en numéraires (argent)
  • Des apports en nature (tout bien successible d'une évaluation)
  • Des apports en industrie (une activité, une connaissance technique).

 

Ce statut permet :
Une association plus étroite au développement de l'entreprise et même une participation à la gestion de l'entreprise en qualité de gérant associé.
Une protection du patrimoine du conjoint. En cas de défaillance de l'entreprise, les conjoints associés ne sont responsables des pertes qu'à concurrence de leurs apports dans la société, sauf s'ils ont fourni aux créanciers des garanties sur leurs biens propres ou communs.
Des facilités pour la transmission de l'entreprise.
Chaque conjoint prend la qualité d'associé selon les apports affectés au sein de l'entreprise.

  • Selon son activité et le statut choisi, le conjoint associé peut-être :
  • Conjoint salarié associé affilié au régime général ;
  • Conjoint associé gérant affilié à titre obligatoire au régime des travailleurs indépendants ;
  • Conjoint simple porteur de parts n'exerçant aucune activité au sein de l'entreprise ;


il n'est soumis à aucune obligation sociale.

 


LES FORMATIONS

 

Le BCCEA
Le BCCEA (Brevet de Conjoint Collaborateur d’Entreprise Artisanale) est né de la réflexion des femmes d’artisans qui ont fait la démonstration du rôle de la femme dans l’entreprise et donc la nécessité de l’intégrer dans le cadre d’une formation qualifiante offrant ainsi la possibilité de se perfectionner et d’atteindre un niveau de qualification reconnu.
Cette formation de niveau IV s’étale sur environ 2 ans, à raison d’une journée par semaine, et est conçue autour de quatre modules : communication, stratégies et techniques commerciales, gestion et management de l’entreprise artisanale, secrétariat bureautique.
Contact: Chambre de Métiers d'Alsace
Renseignements et inscription à la Chambre de Métiers d'Alsace
Strasbourg : Marcelle MEYER Tél. 03.88.19.79.18
CMA - Espace Européen de l'Entreprise
30, avenue de l'Europe - 67300 Schiltigheim